EDINBURGH OCEAN LEADERS : TEMOIGNAGE DE SHIRLEY BINDER

par | Juin. 8, 2021

Depuis 2020, la Fondation Prince Albert II de Monaco et l'Université d'Edimbourg collaborent dans le cadre du “Edinburgh Ocean Leaders Programme”, une initiative originale dont la finalité est d’amplifier le leadership, la créativité et l'influence de jeunes et talentueux professionnels de l'Océan en cours de carrière, et de les faire travailler ensemble pour avoir un impact positif significatif sur la santé de l’Océan et sur la société.

En 2020 et 2021, 14 « Ocean Leaders” ont été sélectionnés au cours d’un processus compétitif international. Les Leaders sont coachés par l’Université  et ont l’opportunité de participer à une série d’événements pour partager leurs diverses expériences. Parce qu’elle offre une fenêtre internationale permettant d’explorer des i solutions pour l’Océan, la Monaco Blue Initiative est un lieu d’expression privilégié pour les Ocean Leaders, qui ont contribué activement à la 11e et 12e éditions, en tant que leaders d’opinion, panélistes et participants.

 Ci-dessous un témoignage de Shirley Binder, panéliste de la 11e édition, qui souhaite partager son expérience au sein de la direction de la gestion des parcs nationaux marins et terrestres du Panama, dans le contexte difficile de la pandémie liée au Covid-19. 

“Ma vie de biologiste marin au Panama a débuté par un travail au Smithsonian Tropical Research Institute, puis à la Fondation MarViva, suivi par une mission au Ministère de l’environnement, dans la division “Côtes et Océan”. Après un Master en sciences et politiques de l’environnement à l’Université Columbia, je suis retourné au Ministère de l’environnement, où j’occupe aujourd’hui le poste de Directeur national des zones protégées et de la biodiversité.

Mon rôle est de sauvegarder les diverses zones protégées et la biodiversité de mon pays, le Panama. Plus de 33 % des terres et 13 % des eaux nationales sont en zones protégées, ce qui constitue l’épine dorsale de la conservation du pays, car ces zones maintiennent les processus écologiques et assure le bien-être de nos sociétés. En outre, les zones de biodiversité uniques, comme l’Isthme de Panama, attirent des centres de recherche internationaux, tels que le Smithsonian Tropical Research Institute.

Dans le contexte pandémique de cette dernière année, être le Directeur national des zones protégées et de la biodiversité comporte de nombreux défis. La coordination des activités et du travail quotidien des gardes forestiers avec les mesures de biosécurité en est un. Pendant toute la pandémie, ils ont travaillé 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, quittant leurs maisons et s’exposant au virus, pour la santé et le bénéfice de nos zones protégées. Avec l’arrêt complet du tourisme, certaines communautés qui dépendent de ces zones ont commencé à tirer leurs revenus des activités extractives, augmentant ainsi le besoin de surveillance et de contrôle, afin que ces activités n’aient pas d’impact sur les zones protégées. De manière générale, l’ensemble de la division, y compris le Département de la biodiversité pour le sauvetage de la faune, a continué à être sur le terrain, malgré un nombre de de cas élevés de COVID. Ce travail et cet engagement ne cessent jamais et sont difficiles à diriger à distance. Je profite de cette occasion pour exprimer ma reconnaissance et mon admiration à toute l’équipe, gardes forestiers et techniciens, qui n’a jamais cessé de travailler pendant la pandémie.

 

Faire partie du programme « Edinburgh Ocean Leaders » en 2020 a également été extrêmement bénéfique. Discuter de différents sujets, avec des personnes qui partagent leurs visions de la conservation de l’Océan, mais qui viennent de lieux, de secteurs d’activité et de disciplines différents, a élargi mes perspectives et ma compréhension de la manière d’aborder la gestion de l’environnement, et sur la façon de trouver des solutions créatives aux différents problèmes auxquels nous sommes tous confrontés.